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Scoutisme (et) politique

« Construire un monde meilleur  », tel est l’objectif du Scoutisme mondial. Cette finalité dépasse-t-elle le slogan, la formule vendeuse ?

En guise de réponse, peut-être pensera-t-on à tel Relais Pionnier qui aura fait un si grand voyage humanitaire dans quelque contrée lointaine. Cela est assurément très beau. Mais le monde meilleur n’aura pas duré plus d’une quinzaine de jours, et ces expériences sont loin d’être représentatives du Scoutisme tel qu’il est vécu par la plupart des sections, la plupart du temps. On pourra aussi s’étonner de ce désir du Scoutisme d’agir sur le monde dans sa globalité, de venir le transformer et l’améliorer, lorsqu’on sait que ce même Scoutisme demeure politiquement neutre. N’y a-t-il pas là une contradiction ?

Un engagement politique ?

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En choisissant de n’entrer dans aucune logique politicienne, le Scoutisme ne renonce pas à l’action, il se donne au contraire les moyens de proposer un espace politique alternatif, dégagé de tout intérêt particulier ou partisan. Le Scoutisme a pour vocation de se concentrer sur le développement du jeune dans les diverses facettes de son individualité. Il incarne ce lieu à part où de jeunes adultes ont la possibilité d’accompagner de plus jeunes qu’eux pour leur livrer tout ce qu’ils peuvent de responsabilité, de créativité, d’esprit critique, de solidarité.

Tout cela sur un engagement bénévole qui se mesure en centaines d’heures. À une époque où tout se compte, où règne le profit, il s’agit d’un engagement politique au sens le plus noble : une action dans la polis, la cité, à sa base, avec ses enfants. Et cela se passe tous les week-ends, dans le parc à côté de votre immeuble.
À une époque, encore, où l’on se plaint tous les quarts d’heures de cette jeunesse qui ne s’engage pas, qui se désintéresse du débat « démocratique », qui ne va même plus voter, il serait intéressant de se pencher sur le nombre sans cesse croissant de ces bénévoles qui passent des semaines entières à se former à l’animation ou à transmettre des principes citoyens à des milliers de jeunes.

Retrouvez l’intégralité de cet article en pages 3 et 4 du Mag 60


Quand le Scoutisme Pluraliste amène des citoyens à s’engager…

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Début septembre 2015, un appel à la mobilisation fut lancé par l’ensemble des Mouvements scouts et guides de Belgique afin de soutenir les initiatives d’aide aux réfugiés. A l’occasion de la Conférence sur le Climat à Paris (COP21), notre Mouvement a également invité ses membres à rejoindre une série d’actions proposées par diverses organisations environnementales.

Point remarquable de cette solidarité : de nombreux scouts pluralistes font partie des initiatives citoyennes ! Hasard ou évidence ?

Interviews croisées

Johan Verhoeven, ancien membre de la 220ème Unité de Ath et actuellement engagé auprès des réfugiés : J’ai eu beaucoup d’expériences engagées, notamment chez les scouts. L’aide aux réfugiés du parc Maximilien était très gratifiante. Les hommes et les femmes que nous avons aidés nous ont été immédiatement reconnaissants. Mon expérience scoute a clairement orienté ma carrière ; c’est là que j’ai eu mes premières responsabilités.

Samuel Lietaer, ancien membre de la 66ème Unité de Schaerbeek, actif dans le « Climate Express » : J’ai passé énormément de moments inoubliables aux scouts. Faire du Scoutisme, c’est déjà un engagement car on se sociabilise, forge des amitiés de longues dates, on entre en contact avec la Nature. C’est une belle école de la vie, bien plus intéressante et réelle que de rester scotché devant son écran à la maison. Mon souvenir le plus marquant, c’est quand j’ai pris conscience des conséquences du changement climatique sur les populations les plus pauvres.

Retrouvez l’intégralité des interviews en page 5 du Mag 60

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